Cette technique nous arrive tout droit de chez nos amis Anglais, comme la plupart des innovations qui se rapportent à notre pêche, point de chauvinisme, soyons objectifs et rendons à César ce qui est à César ! Il faut bien reconnaître qu'outre-Manche, cette réputation d'avant-gardistes quasi-révolutionnaires n'est pas usurpée, nous leurs devons presque tout ! Dans tous les domaines, dans la plupart des pêches, ils surclassent souvent, parfois très largement, toute la concurrence européenne.
Bref, nous ne sommes pas là pour encore élever encore une fois ces Anglais déjà si bons, mais bel et bien pour essayer de tirer partie de leur savoir afin de pouvoir prendre du poisson d'une manière différente.
Personnellement, je percevais la Pêche au stick comme un mélange de pêche « stalking » et de Pêche dite « standard » ou d'attente, que la plupart d'entre nous pratiquons. Une adaptation des deux qui consiste à proposer très peu d'appât au poison d'une part, misant sur l'attractivité ; et la recherche, la localisation de nos amies.
Cependant, le stalking nous limitant en terme de nombres de cannes, cette solution nouvelle avait l'avantage de nous ramener à utiliser le plein potentiel de notre batterie, de deux jusqu'à quatre cannes ! Quoique s'il m'est permis de revenir sur le nombre de cannes mises en ½uvre, il me semble difficile de pratiquer cette approche efficacement et pleinement avec plus de trois lignes. Sur ce sujet je ferais volontiers un prochain récit de plusieurs courtes sorties couronnées de succès de mon ami et moi.
Pour cette méthode, je ne saurai que trop conseiller de bien se concentrer sur la recherche du poisson, et de ne pêcher dans un premier temps qu'avec deux cannes. Des montages aussi simples que discrets, ayant déjà fait la preuve de leurs performances, choisis dans ce qui se fait de mieux actuellement pour leurs éléments, seront à privilégier. Au risque de me répéter, il est impératif de concentrer toute son attention sur l'attractivité et la localisation, tout le reste est éprouvé, sûr, et donc secondaire !
Pour ce qui est de la recherche du poisson, je ne vais pas faire trop long, tant de choses ont été écrites à ce sujet : il est juste évident qu'il se doit de soigner son approche, en terme de discrétion, et le petit plus serait de glaner quelques info s auprès des locaux, sans oublier un petit coup d'½il « espion » vers les adeptes de la pêche au coup ! L'idéal étant, quand cela est possible, bien sûr, d'avoir la topographie du plan d'eau, rapportée à un petit plan plus ou moins à l'échelle, ce qui permettra de repérer et exploiter surtout les petites cassures près du bord, notamment lorsqu'elles sont exposées au vent, sans oublier bien sûr nos chers herbiers, repères naturels pour nous...comme pour elles ! A vos marqueurs-sondeurs.
Vient maintenant le sujet de l'attractivité, cela devient un peu plus complexe car certains facteurs ne doivent pas être négligés, comme le vent ou la température de l'eau. Pour cela, il faut préparer une base de stick pensée en rapport avec les conditions présentes. Par exemple, il faut éviter l'utilisation d'huiles dans une eau froide, car celle-ci, en figeant, va plus ou moins neutraliser le travail de l'ensemble une fois arrivé au fond. Mais il existe dans le commerce quelques références qui ont la particularité de ne pas changer de viscosité même à basse température, je pense notamment à notre Cipro feed inducer oméga 3/6. Revenons donc à la préparation de notre mix, pour lequel il nous faut combiner plusieurs farines, dont au moins une dotée d'un certain pouvoir collant, varier les granulométries, pour enfin obtenir une bonne base, collante bien sûr, mais dans le même temps aérée, pour une diffusion maximale des divers attractants et la libération des plus grosses particules que vous y ajouterez. Il est depuis quelques temps possible de trouver de très bonnes bases prêtes à l'emploi.
Au chapitre des additifs évitons cette tendance piégeuse qui nous invite à nous déclarer chimiste diplômé, voire apprenti-sorcier, si le niveau d'étude en rebute certains ! Comme dit plus haut, une huile bien choisie est un réel plus, pour sa diffusion verticale, traversant toutes les couches d'eau, associée à une farine carnée (qui a ma préférence, mais des mélanges sucrés ou encore épicés réussissent très bien à certains de mes collègues.). Il ne reste plus qu'à adjoindre à tout cela une portion de particules diverses, choisies selon l'humeur du moment, ou en accord avec des infos reçues sur les lieux, pellets, graines, ou copeaux de bouillettes...
Une autre alternative plus simple consiste à se procurer une base du commerce, et à y ajouter un mix lui aussi du commerce. Apportez-y votre touche personnelle avec un additif liquide de votre choix, huileux si vous préférez n'en prendre qu'un, et je vous garantis que vous ne serez pas déçus !
Une fois votre préparation terminée, le stick bien compressé et fermé, soit par une ligature au fil PVA, soit par un n½ud avec l'excédent de la chaussette soluble, il ne vous reste plus qu'à enfiler celui-ci sur le bas de ligne, grâce à une aiguille longue. Les systèmes d'agrafes permettant le démontage rapide du bas de ligne trouvent ici tout leur intérêt ! Petit conseil : il est judicieux de faire ses préparations à l'avance, cela permet d'être opérationnel le plus rapidement possible suite à un départ.
Si, comme je vous l'ai décrit, vous avez préparé votre mélange avec une huile, sachez que celle-ci va finir par imprégner le matériau soluble, sans le dissoudre bien sûr puisqu'elle ne contient pas d'eau, mais va en revanche retarder de plusieurs minutes ce processus de dissolution dans des proportions néfastes pour une pêche qui se veut presque instantanée... (Voire le rendre inactif en eau froide)
J'espère vous avoir décrit du mieux possible ma vision de ce qu'est « la Pêche au stick », et par la même vous donner l'envie de goûter à cette nouvelle approche et de profiter de toutes les nouvelles perspectives qu'elle propose. En attendant je vous propose de visiter le site www.Cipro.fr afin de retrouver tous les ingrédients et conseils utiles ou nécessaire à la traque de nos chers cyprins...